Les radioamateurs en France en 2025 : état des lieux selon l’Observatoire de l’ANFR

L’Agence nationale des fréquences (ANFR) met à disposition du public un Observatoire des radioamateurs, accessible via sa plateforme open data. Cet outil permet de dresser un portrait précis et actualisé du radioamateurisme en France : Effectifs, évolution des licences, profil démographique, pyramide des âges et dynamique des examens. Les données disponibles pour l’année 2025 offrent un éclairage particulièrement instructif sur les forces et les fragilités de cette communauté technique et passionnée.

Une communauté d’environ 15 836 radioamateurs

En 2025, la France compte environ 15 836 indicatifs radioamateurs, correspondant aux licences actives enregistrées par l’ANFR. Ce chiffre témoigne d’une relative stabilité des effectifs depuis plusieurs années. Les nouvelles licences délivrées chaque année compensent globalement les cessations d’activité (arrêts, retraits ou décès), sans pour autant entraîner une croissance marquée du nombre total de radioamateurs.

Chaque année, plusieurs centaines de nouveaux indicatifs sont attribués. En 2025, 548 nouveaux radioamateurs ont ainsi obtenu leur licence, confirmant l’existence d’un renouvellement régulier, mais quantitativement limité.

Un âge moyen élevé chez les titulaires de licence

L’un des constats majeurs issus de l’Observatoire concerne le profil démographique des radioamateurs. L’âge moyen des titulaires d’une licence est élevé, autour de 66 à 67 ans. Cette donnée reflète l’histoire du radioamateurisme en France : une activité qui a connu un fort développement dans les décennies passées et dont de nombreux pratiquants sont restés actifs sur le long terme.

À l’inverse, l’âge moyen au passage de la licence est nettement plus faible, de l’ordre de 46 ans. Cette différence met en évidence un phénomène marquant : l’entrée dans le radioamateurisme se fait aujourd’hui majoritairement à l’âge adulte, souvent à l’initiative de passionnés de technique, d’électronique ou de radiofréquences, parfois après une carrière professionnelle déjà bien avancée.

Une pyramide des âges révélatrice d’un vieillissement marqué

La pyramide des âges, disponible sous forme de visualisation interactive sur le site de l’ANFR, illustre clairement le vieillissement de la population radioamateur. Les tranches d’âge les plus représentées se situent entre 60 et 80 ans, avec un pic notable chez les radioamateurs âgés de 70 ans et plus.

À l’opposé, les moins de 30 ans restent très faiblement représentés. Les effectifs progressent lentement jusqu’à la quarantaine, puis augmentent plus nettement à partir de 45–50 ans. Cette structure démographique souligne un déficit de renouvellement générationnel, qui constitue l’un des enjeux majeurs pour l’avenir du radioamateurisme en France.

Examens et renouvellement : une dynamique encore fragile

L’Observatoire de l’ANFR fournit également des données détaillées sur les examens radioamateurs : nombre de candidats, taux de réussite et évolution dans le temps. Si une légère hausse du nombre de candidats a été observée ces dernières années, notamment après la période COVID, cette dynamique reste insuffisante pour infléchir durablement la pyramide des âges.

Le radioamateurisme demeure une activité exigeante, nécessitant des connaissances réglementaires et techniques solides. Cette exigence peut constituer un frein pour les plus jeunes générations, souvent attirées par des technologies perçues comme plus immédiates ou moins réglementées.

Une communauté structurée et techniquement active

Malgré ces défis, le radioamateurisme français repose sur une organisation solide et structurée. Le territoire compte plusieurs centaines de radio-club, d’associations locales, avec une structure « Nationale » REF qui œuvre pour notre communauté, et représente les radioamateurs français auprès des autorités, toujours avec un dynamise sans faille. Ces infrastructures témoignent d’une communauté engagée, compétente et toujours active, jouant également un rôle important dans des domaines tels que la sécurité civile (ADRASEC), la formation technique et l’expérimentation radio.

Quels enjeux pour l’avenir ?

Les données publiées par l’ANFR dressent un constat clair : le radioamateurisme français est confronté à un vieillissement prononcé de ses effectifs si rien n’est engagé. L’enjeu principal des prochaines années sera de favoriser un renouvellement générationnel en attirant de nouveaux profils, notamment plus jeunes.

La valorisation de notre hobby, passe par la promotion, chaque structure locale ou radio-club doit être consciente que cet enjeu est majeur pour notre avenir. La mobilisation lors de journées portes ouvertes, la participation au forum des associations, l’image à véhiculer et atelier à confectionner lors de la Fête de la science, les interventions en milieu scolaire, l’organisation de salons, ainsi que les projets collaboratifs interdépartementaux, favorisent les meilleurs moyens de promouvoir notre activité et de la faire toucher concrètement du doigt aux jeunes générations.

La modernisation des pratiques, l’intégration des modes numériques, l’ouverture vers les technologies émergentes et la mise en valeur des usages sociétaux (communications d’urgence, résilience des réseaux, esprit de service) constituent autant de leviers pour susciter l’intérêt.

L’avenir du radioamateurisme dépendra de notre capacité collective à transmettre, à accompagner les nouveaux venus et à créer des passerelles entre générations. En faisant preuve d’ouverture, de pédagogie et de dynamisme, le radioamateurisme peut redevenir une activité attractive, visible et pleinement en phase avec les enjeux technologiques et éducatifs du XXIᵉ siècle.

lien vers l’Observatoire de l’ANFR: https://data.anfr.fr/node/31

Source : F8BSY pour F6KBR

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